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Romy, sa vie en mode zéro déchet



PUBLIÉ LE 
Par Propos recueillis par Nasséra LOUNASSI
Romy Seube a lancé un blog « Simply Seube » dans lequel elle livre ses conseils pour réduire ses déchets.









Romy Seube ne va plus faire ses courses sans ses petites boîtes.















Romy Seube a 27 ans. Au printemps, cette Saint-Quentinoise, future étudiante en doctorat Littérature enfance et jeunesse, a décidé de changer de mode de vie en réduisant drastiquement ses déchets. Sur son blog « Simply Seube », elle explique comment elle est parvenue à mettre sa poubelle à la diète.

Comment est née cette idée ?

Je l’ai lancé en avril. Je suis tombée par hasard, un mois auparavant, sur un extrait du livre Zéro déchet. J’ai bien aimé, je l’ai donc acheté. Ça a été un électrochoc ! Quand on lit l’ouvrage, on est enthousiasmé. Si bien qu’on a envie de faire tout, tout de suite, mais c’est impossible. J’ai donc eu l’idée de ce blog qui me permettait, au départ, de montrer à mes sœurs, mes parents ce qu’on faisait.
Et puis ma mère l’a publié sur sa page Facebook et les gens ont partagé. Mon dernier article a comptabilisé 10 770 lectures.

Vous parlez d’électrochoc à la lecture de ce livre. Pourquoi ?

Je n’avais jamais réalisé que mes déchets ne disparaissaient pas en fait. Car lorsque les éboueurs les ramassent, on ne se rend compte de rien. J’avais pourtant l’impression d’être une bonne citoyenne, je ne jetais jamais rien par terre. Je n’imaginais pas que je pouvais être responsable du dérèglement planétaire.

Par quoi commence-t-on lorsque l’on souhaite réduire ses déchets ?

J’ai commencé par m’équiper : j’ai acheté des petits sacs, des bocaux dans lesquels je pouvais mettre tous mes produits en vrac. C’est à ce moment-là véritablement que j’ai pu démarrer. Chaque mois, je me lançais des « éco-objectifs » pour quantifier ce qu’on faisait à la maison et avoir une traçabilité.

Dans la pratique, comment cela se traduit-il ?

Pour l’organisation quotidienne, je me suis fixé cinq règles. Il faut commencer par refuser ce dont on n’a pas besoin comme les échantillons, les publicités par exemple… J’ai ensuite réduit ce que j’avais déjà. Je pense notamment aux deux services complets de vaisselle que je possédais alors qu’on ne peut pas inviter plus de quatre personnes chez moi. Même chose pour les vêtements.
roisième règle : la réutilisation. Quand je fais mes courses dans les magasins bio, je prends systématiquement mes bocaux, mes sacs en tissu. Enfin, je me suis mise au recyclage et j’ai acheté un lombricomposteur d’appartement.

Vous évoquez l’achat de produits en vrac dans les magasins bio. Ce n’est toutefois pas à la portée de toutes les bourses…

C’est plus cher, c’est évident. Mais à qualité équivalente, je dirais que le vrac est moins cher. On peut réaliser entre 15 et 40 % d’économie. Je fabrique par ailleurs moi-même mes produits ménagers, je gagne 200 euros par an. Je réinvestis cet argent sur les courses. J’ai changé aussi mes habitudes de consommation. On mange végétarien un jour sur deux.

Depuis que vous vous êtes lancée dans ce défi, la réduction de vos déchets a-t-elle été significative ?

Le mois précédant l’expérimentation, je sortais une poubelle de 30 litres tous les deux jours, sachant que nous sommes quatre à la maison : mon mari, moi et deux enfants de 1 et 3 ans et demi. Aujourd’hui, nous en sommes à une seule par mois.

Estimez-vous que ce système est contraignant ?

Non. Et je peux vous assurer que j’étais partisane du moindre effort. Une fois qu’on a l’habitude, ça va tout seul. Il faut juste bien s’équiper au départ. Au fur et à mesure, on va de plus en plus loin dans la démarche et on multiplie les solutions pour réduire les déchets.
Blog : Simply Seube

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SAINT-QUENTIN MAG, JUILLET 2016


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OPERATION ZÉRO DÉCHET


Par Bertrand Duchet

Vivre sans produire aucun déchet, en bannissant notamment de son quotidien tous les emballages : mission impossible ? Pas pour Romy Seube ! à 27 ans, cette jeune maman saint-quentinoise a décidé de relever le défi. Une démarche résolument militante en faveur de l’environnement ? « Même pas ! à la base, je n’ai pas vraiment la fibre écolo, sourit Romy. Les Verts, c’est pas trop mon truc. » Mais alors, quel a été l’élément déclencheur ? « Le hasard. En avril dernier, je suis tombée sur un livre écrit par Béa Johnson, une Française expatriée aux Etats-Unis. Son titre : « Zéro déchet ». C’est en fait une sorte de guide qui vous explique comment vivre sans produire de déchets. De fil en aiguille, j’ai acheté d’autres livres et au final, j’ai décidé de tenter moi-même l’expérience. »
Portant un nouveau regard sur son existence, la jeune femme reconnaît être passée par la case « prise de conscience » : « C’est vrai que je me suis aperçue que je gaspillais beaucoup. Et puis, produire tous les jours une poubelle de 30 litres pour une famille de quatre personnes, c’est beaucoup trop. » Avec le soutien de son mari, cette maman de deux jeunes enfants a donc fait le choix d’appliquer à la lettre les cinq règles de base, permettant d’alléger son quotidien. « Première règle : refuser tout ce qui superflu, comme les prospectus ou les échantillons. Ensuite, on fait le vide en enlevant de chez soi tout ce dont on n’a pas besoin. J’avais par exemple des tonnes de draps que j’ai donnés. Troisième règle : ne pas hésiter à offrir une seconde vie à des objets ou des vêtements en achetant d’occasion. En plus, c’est très économique. Ensuite, il faut toujours veiller à recycler tout ce qui peut l’être : verre, papiers, cartons… Enfin, dernière règle : composter tous les déchets verts. C’est très simple, même en appartement. »
Parfait pour ces cinq commandements. Mais tout ça ne nous dit pas comment Romy a fait pour bannir de son existence ces satanés emballages qui ont tendance à nous envahir. « C’est simple, je fais uniquement mes courses chez les petits commerçants. Et j’y vais équipée de sacs en tissus et de bocaux. Pour ma viande et mon poisson, par exemple, je demande aux commerçants de les placer directement dans les boites en verre que je leur présente. » Ces derniers jouent-ils le jeu ? « Ah oui ! Ils sont super réceptifs. D’autant que ça leur économise des emballages papier dont finalement personne n’a besoin. »
Sans doute. Mais encore faut-il avoir le temps de faire le tour des petits commerçants plutôt que d’aller une fois par semaine dans une grande surface. Naturellement, Romy a réponse à tout. « Eh oui ! J’ai chronométré. Faire mes courses chez les petits commerçants me prend 50 mn par semaine. Au supermarché, en passant par le drive, ça prend 1 h. Et avec le caddie, c’est 1 h 30. » OK mais parlons argent : ça doit coûter beaucoup plus cher, non ? « Sur l’alimentaire, ça me coûte effectivement un peu plus cher. Mais comme je fais des économies ailleurs, notamment sur les produits ménagers, je suis gagnante. Et très franchement, j’ai aussi l’impression que ma famille vit mieux, beaucoup plus sainement. » Bon, on s’y met nous aussi ? En tout cas, si l’expérience vous tente, n’hésitez pas à consulter le blog de Romy (Simply Seube), qui fourmille de conseils pratiques. Bon courage !

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