MON JARDIN EN PERMACULTURE

Après de belles fêtes de fin d'année et un déménagement au mois de janvier (je suis toujours dans les cartons!), me voilà de retour pour vous parler de jardinage ! 


J'ai découvert la permaculture en lisant le livre Semeur d'espoir de Pierre Rabhi (si vous ne l'avez pas encore lu, je vous le conseille vivement, il est vraiment génial!). Après cette lecture, je n'avais qu'une envie : tout abandonner pour aller vivre en autarcie dans une île paradisiaque  tester la permaculture !  
J'ai commencé par lire plusieurs livres sur le sujet, mais aucun ne m'a paru vraiment clair... À l'exception des concepts du potager en butte et du ''tourbillon'' pour planter les aromates, j'étais dans le flou absolu. Mon beau-père (qu'on a converti à Pierre Rabhi haha) a trouvé un site avec une formation sous forme de vidéos youtube (carrément plus ma tasse de thé!), et là, BINGO ! c'était exactement ce qu'il me fallait : des explications claires sur les principes généraux de la permaculture et des outils concrets pour l'adapter à notre jardin / balcon / cour - en somme l'espace qu'on a disposition (eh oui, on peut permacultiver partout!). Je reprends ci-dessous les questions qui reviennent souvent lorsque je parle de mon projet de jardinage en espérant que mes réponses vous éclaireront et surtout vous donneront envie de vous lancer 😊 


Pourquoi ai-je choisi la permaculture plutôt qu'une autre forme de jardinage ? 

Le but de la permaculture est de recréer un écosystème comme on en trouve dans la nature à plus petite échelle. Dans une forêt, pas d'entretien ni d'arrosage et pourtant ça pousse tout seul ! On va donc se baser sur les modèles qu'on trouve dans la nature pour créer des mini forêts comestibles qui demanderont un entretien limité tout en étant productives et en renforçant les sols (aggradantes (l'inverse de dégradantes) *et là, si vous êtes comme moi, vous vous dites "aaaaaah ouais"*). Bref, la promesse est belle 😍

Sur quels principes se base la permaculture? 

En plusieurs milliers d'années d'évolution, la nature n'a pas produit de grandes technologies, mais elle s'y connaît en termes d'écosystèmes ✌. Ils sont autonomes, résilients, favorisent la diversité et vivent en harmonie. On devrait d'ailleurs s'en inspirer un peu plus dans nos sociétés... En permaculture, on va donc s'inspirer le plus possible des modèles qui fonctionnent dans la nature. Dans un écosystème, le mouvement est circulaire : pas de gaspillage, chacun prend ce dont il a besoin et nourrit les autres. Dans mon jardin, ça donnerait : les vers de terre mangent les déchets et font de la bonne terre / les plantes se nourrissent des bons nutriments de la terre et produisent des fruits / je mange les fruits et je donne les épluchures aux vers de terre ... et on recommence. Cet exemple est simpliste, mais l'idée générale est de se calquer sur ce qu'il se passe déjà dans la nature : en respectant la place et le rôle de chacun des acteurs de l'écosystème, on évite les déséquilibres responsables de gaspillage ou de maladies (ce qui se passe en monoculture intensive ; par exemple : trop de demande pour une forme de nutriment conduit à l'affaiblissement de la plante, facilitant l'arrivée de ravageurs, alors on balance des pesticides dessus qui appauvrissent la terre ... le résultat, on le connait : des terres dégradées, des fruits sans nutriments (dans le meilleur des cas) et un empoisonnement généralisé). 

Bonne idée que de s'inspirer de la nature... Mais est-ce que ça ne risque pas d'être un peu le "fouillis" ? 

Dans les écosystèmes naturels, pas de monoculture (ni de rangées bien alignées) ! C'est le "secret" de la nature pour créer des ensembles harmonieux : chaque élément a un rôle bien défini et ils sont interconnectés (ils se protègent (ombre, parasites) et se "nourrissent" entre eux). En permaculture, on va donc essayer de recréer des combinaisons de plantes qui cohabitent bien ensemble. C'est plus complexe que de simplement dire : "les patates c'est super à côté du basilic". On essaye de mettre ensemble des fixateurs d'azote, des plantes mellifères (qui attirent les abeilles), des plantes qui attirent les insectes, des minéralisantes, des couvre-sols (qui permettent de limiter l'arrosage), bref on crée de véritables guildes (c'est le terme technique) autonomes et résilientes. Certes, ça fait un beau mélange, mais ça peut être joliment organisé. De toute façon, que celui qui trouve une forêt sauvage moche me jette la première pierre 😅
Exemple de petit potager (12 m2) en permaculture pas fouillis du tout!

Comment comptes-tu créer un système autonome et résilient (i.e. qui se rétablit de lui-même après un incident (ravageurs, sécheresse, etc.)) ? 


Le secret des bons permaculteurs réside dans cette maxime : chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments et chaque élément doit avoir plusieurs fonctions. Vous pouvez relire, ces phrases ne sont pas synonymes ! Pour créer des systèmes autonomes et résilients, il faut que les éléments intacts puissent palier à un manque en cas d'incident. Par exemple, en cultivant des variétés de tomates différentes (9 dans mon jardin!) si un de mes plants meurt, la fonction "production de tomates" peut être assurée par les huit autres qui seront peut-être plus résistants à un manque/trop plein d'eau ou à une certaine forme de ravageur, etc. Dans un autre contexte, la fonction "palier aux besoins en eau" pourra être assurée par une collecte d'eau de pluie ou par des plantes couvrantes (ou un paillis) qui préviendront le dessèchement trop rapide du sol. 
Dans mon jardin, j'ai choisi de planter des phacélies : ce sont des fleurs (fonction 1 c'est joli) ultra mellifères (fonction 2 bonjour les abeilles) qui couvrent le sol (fonction 3 moins d'arrosage), dont le système racinaire ameubli la terre (fonction 4 moins de travail pour moi) et dont les feuilles une fois fanées font un excellent engrais (fonction 5 à moi les beaux fruits). 


Pas de produits contre les insectes, pas de désherbant, tu fais comment pour lutter contre les ravageurs ?

Des hôtels à insectes où ils peuvent loger tout confort :) 
En permaculture, tous les éléments qui vont intervenir dans la réalisation de notre jardin font partie de notre écosystème (plantes, insectes, animaux et nous aussi!). Il n'y a donc pas de parasites ! Seulement des lanceurs d'alerte 😊S'ils pullulent, c'est que le système est déséquilibré. Le but n'est pas d'éliminer tous les "parasites", mais de trouver un équilibre parce que chacun à son rôle à jouer. Par exemple, les limaces - grandes mangeuses de légumes - s'alimentent aussi de cadavres d'insectes et de déchets végétaux qu'elles réduisent en petits morceaux. Elles sont l'un des premiers maillons de la chaîne de décomposition de la matière organique et elles reminéralisent la terre. A chacun de trouver le moyen - selon son contexte - de limiter leur population : hérisson, oiseaux, pièges... En multipliant les variétés et en faisant les bonnes associations (par exemple basilic près des plans de tomates) on limite aussi l'apparition et la propagation des parasites (l'odeur du basilic agit comme répulsif et chaque variété d'une même plante a différentes sensibilités). 

Que vas-tu planter ? 




En France, TOUTES les graines et/ou plantes vendues pour être plantées doivent fichées dans le catalogue officiel. Le problème, c'est qu'un grand nombre d'entre elles sont des hybrides F1 et donc "stériles". Imaginons que je sème des tomates hybrides F1. Les hybrides sont les graines obtenues lors du croisement de plusieurs variétés : par exemple d'une variété de tomates de petite taille mais très goûteuses et d'une autre variété qui fait de très grosses tomates sans goût. Lorsque je vais planter ma graine F1, je vais avoir ce qui est promis sur le paquet : une grosse tomate bien goûteuse. Par contre, si je récupère les graines de mes tomates et que je les ressème, j'obtiendrais 25% de petites goûteuses, 25% de de grosses sans goût et seulement 50 % de grosses tomates goûteuses. En somme, les graines sont inutiles puisque le même manège va se répéter de génération en génération. Le jardinier (ou l'agriculteur) est donc "forcé" de racheter de nouvelles graines chaque année. Ce qui fait les affaires des grands grainetiers/industriels agrochimiques, j'ai nommé Monsanto, Bayer, Dupont et Syngenta entre autres. Tous ces géants industriels sont impliqués dans divers scandales : empoisonnement des populations, pollution, ruine des paysans et vagues de suicide en Inde, etc.  
Pour les raisons évoquées précédemment et parce que je refuse de financer des industries aussi controversées, j'ai acheté mes graines à l'association Kokopelli qui milite pour la libération des graines et de l'humus (👊). Ils proposent des graines libres de droit et des variétés paysannes (souvent plus résistantes et nutritives que les hybrides) et ils mènent partout dans le monde (Amérique de sud, Inde, Afrique...) des actions pour aider les populations à se libérer du joug des grands grainetiers (distribution gratuite de graines reproductibles, initiation à différentes techniques de culture, etc.) Sur leur site (qui pique un peu les yeux!) vous pourrez trouver des assortiments tout prêts : légumes exotiques, fleurs mellifères, potager qui se ressème, etc. ou acheter les graines au détail. 
Pour les plants (fraisiers, framboisiers, etc.) je les ai commandés à la Ferme Sainte-Marthe qui est un grainetier bio français qui aide à la conservation de variétés libres de droit (en somme qui n'intéressent plus les industriels et qui sont donc condamnées à à disparaître). Ici aussi, on peut trouver des assortiments ou acheter les graines ou des plants au détail, ainsi que pas mal d'outillage et de documentation. 

J'espère que ce (long!) post vous aura donné envie de vous mettre au jardinage (c'est le moment! Si vous voulez des fraises et des framboises cet été #moijedisçajedisrien, c'est en février qu'il faut planter!) Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas ! 

La formation en ligne que j'ai bien aimée (payante) se trouve sur le site Permaculture Design (ils ont plusieurs autres modules / documents super intéressants). Sinon je vous invite à aller jeter un coup d'oeil au site de la ferme du Bec-Hellouin (celle qu'on voit dans le film Demain). Ils ont travaillé en partenariat avec l'INRA qui a confirmé la rentabilité et l'efficacité de la permaculture... 


Maintenant, "y a plus qu'à!"


S'il vous fallait une motivation supplémentaire ;)  - Photo Permavenir
PS : pour ceux qui vivent sur Saint-Quentin, je loue des jardins partagés par le biais de l'association Demain pour Saint-Quentin. Ces jardins servent de base de formation et d'expérimentation à plus grande échelle. Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me contacter, on commence une formation (gratuite, juste les frais d'adhésion à l'association) pour apprendre à ceux qui le désirent à dessiner un potager en permaculture. 

Vous pourriez aimer

2 commentaires

  1. Bonjour,

    Saint-Quentinoise également, j'ignorais que vous aviez créé une association ! Pourriez-vous m'en dire plus à son propos svp ? Par ailleurs, je pourrais être intéressée par la location d'un jardin partagé, tout comme plusieurs personnes de mon entourage. Hâte d'en savoir plus ! :)

    Belle journée,

    Florence

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Florence, l'association s'appelle Demain pour Saint-Quentin (en référence au film Demain de Cyril Dion). Je suis en train de créer un site pour plus de clarté et d'accessibilité, en attendant vous pouvez nous retrouver sur Facebook : DEMAIN pour SAINT-QUENTIN. Si jamais ça ne fonctionnait pas, envoyez-moi un message sur demainsq@yahoo.com, je vous transmettrai le manifeste de l'asso et nous pourrons évoquer plus en détail les divers projets que nous avons commencé à lancer. Au plaisir de vous retrouver prochainement, Romy

      Supprimer

INSTRAGRAM